Récital n°5 : La culture musicale et les libristes
Par Ejis le mardi, 1 décembre 2009, 22:56 - Feel the music ! - Lien permanent
Comme je l'avais évoqué dans le bafouillement précédent, voici venir un des récitals que j'avais planifiés, qui traîte des cultures musicale et libre et de l'incidence (ou pas) du mode de diffusion numérique libre sur la culture musicale de ses adeptes.
Télécharger le récital n°5. Durée : 20 minutes.
Commentaires
Intéressant, mais il faudra que j'écoute à nouveau et plus attentivement (là j'étais un peu distrait).
Tu n'as pas parlé de la musique traditionnelle, qui elle aussi est libre / dans le domaine public.
Je ne prétends pas m'y connaître, en particulier je n'ai eu l'occasion d'écouter que de la musique bretonne et irlandaise (mes réflexions sont fondées sur celles-ci), qui ne sont qu'une part de toute la musique traditionnelle qui existe (toutes les musiques des cultures orales en fait).
Il serait intéressant d'en toucher deux mots en ce qu'elle se démarque pas mal de la musique libre qu'on trouve sur les sites que tu mentionnes : c'est un peu une bulle dans la bulle.
Je veux dire par là qu'évidemment elle ne tend pas à reproduire la musique "de masse" (un rappeur, une boîte à rythme, un clip déconseillé -16 et quelques milliers de disques vendus -cher- en deux semaines), ce qui est déjà intéressant, et qu'en plus je pense qu'elle est appréciée par des gens qui ne connaissent pas forcément la culture libre dans l'informatique (alors qu'on retrouve les mêmes esprits dans ces deux domaines).
Elle est aussi intéressante car ses origines, ses "justifications", et son esthétique ne sont pas du tout les mêmes que celles de la musique "classique" (tu n'aimes pas ce mot, mais je ne m'y connais pas assez pour faire dans le détail ; d'ailleurs il faudra un jour que je remédie à cette inculture).
Voilà mes modestes réflexions sur le sujet, qu'il faudrait éventuellement développer.
Bonne soirée.
Salut,
oui, c'est vrai que j'ai un peu défendu mon steak dans ce récital, puisque la musique « classique » est plus mon domaine. Mais la musique que tu cites est concernée, bien que je ne la connaisse pas encore assez.
Mon récital visait surtout à débuter une réflexion sur le sujet de la promotion de la culture musicale auprès des libristes, qui n'est pas si large que ça, ni ne dispose (encore ?) des moyens monétaires, humains et volontaires suffisants pour être tout à fait sérieuse.
Je dirais que le système libre est adapté à une certaine catégorie de musiques, mais peut-être pas toutes. Car si on veut faire fonctionner un système basé sur les dons, il faudrait une demande, et elle n'est pas la même partout. Aussi, ma crainte est que ce système soit aussi un cheval de Troie, à dessein ou non, pour permettre à certains acteurs délaissés par le circuit majoritaire d'émerger et ainsi devenir les nouveaux conservateurs. Je pense à Francis Lalanne, qui va éditer son prochain album en Creative Commons. À mon avis, cela a des airs d'opportunisme.
C'est opportuniste en effet, mais ça ne me dérange pas (je ne sais pas ce que tu en penses).
Je veux dire que si ça profite au musicien déjà professionnel et un peu connu, si son travail "offert" sous licence libre lui donne une certaine renommée (plus que de l'argent probablement pour un disque sous CC), eh bien tant mieux pour lui.
Mais il ne faut pas croire que les auditeurs se diront "tiens c'est libre, allez j'écoute" (ou alors ces gens-là ont des goûts musicaux très flous et influençables).
En parlant de ça, le contraire existe aussi : des musiciens qui composent de la musique traditionnelle et qui vendent leurs disques en restreignant les droits.
Ce n'est pas dans l'esprit de cette musique, mais là encore pourquoi pas ? On ne vit pas que de nourriture spirituelle. :D
Tout à fait. De toute façon, je ne voulais pas me lancer dans une critique stérile sur le choix du mode de diffusion. C'est à l'auteur de choisir ce qu'il veut faire de son travail. Pour ma part, je ne considère pas la « liberté » de la musique comme aussi prioritaire que celle du logiciel, ce dernier étant un moyen de production plus qu'un produit final. Cependant, l'existence d'Internet tend à forcer le choix du libre, parce que dans la pratique, le morceau sera partagé, quoiqu'on fasse pour lutter contre ce phénomène. Ainsi, dans le monde tel qu'il existe désormais, il vaut mieux prendre le téléchargement comme une publicité et se concentrer sur le spectable (en finir avec le CD comme compensation du concert).
Quant au fait que le public libriste soit influençable, j'avoue que c'est un peu mon impression. À chaque fois que je lisais les messages dont je parle dans ce récital, il n'était fait allusion à aucun artiste. On ne mentionnait que le fait que c'était de la « Culture Libre ». Et on en revient à cette satisfaction complète d'un désir consumériste, qui a l'air de surpasser la simple recherche esthétique chez les auditeurs. Côté public, je parlerais donc d'une amplification du comportement vis-à-vis de la musique « commerciale », mais sur la « musique libre » (gratuite ?). Comme dans le premier cas, il s'agirait plus d'adhérer à une couche d'auditeurs que de rechercher une musique différente, ou peut-être mieux réfléchie.
Comme je le dis souvent, la Musique est affaire d'éducation et de curiosité, mais il faut faire l'effort d'écouter. Mais bon, je ne vais pas généraliser mon discours sur tout le monde, car ce serait également une erreur.