Édition du 31/08/10 : ces versions sont sorties en France sous les noms de HeartGold et SoulSilver.

Au Japon, ce pays bizarre où tout le monde s'habille en cosplay ou en loligoth, et se teint les cheveux de toutes les couleurs, avec toute cette si naturelle métrosexualité si en vogue aujourd'hui, c'est un tsunami publicitaire que s'est abattu sur la populace durant les derniers mois. L'on peut voir des publicités représentant de jeunes adultes, qui ont d'ailleurs le mauvais goût de ne pas ressembler aux élèves de première année de ma fac, évoquant avec nostalgie des jeux sorti sur Game Boy Color il y a tout juste dix ans, et que nous occidentaux avons appelé Pokémon versions Or et Argent. L'on pouvait aussi entendre des musiques en chiptune issues de ces jeux. Tout ça pour annoncer la sortie de Pokémon version Coeur d'Or et Âme d'Argent HeartGold et SoulSilver, les remake de ces jeux pour Nintendo DS.

Comme j'ai la chance de rater ma vie en étudiant le japonais, je me suis empressé de commander la version Coeur d'Or HeartGold, qui est arrivée chez moi deux semaines après. J'ai eu raison de me presser, d'ailleurs, car ces jeux étaient en rupture de stock dès leur sortie ! Je l'ai à présent bien explorée, et comme j'ai un peu de temps, je m'en vais livrer mon sentiment sur Pokémon Coeur d'Or HeartGold.

Faire du neuf avec de l'ancien…

Ce jeu est, à peu de choses près, une actualisation fidèle des versions Or, Argent et… Cristal. N'ayant pas joué à la dernière version, je n'avais aucune connaissance des ajouts qui y avaient été faits par rapport aux deux versions d'origine. J'ai donc pu découvrir quelques nouveaux personnages qui apportaient quelque chose à l'aventure. C'est là que je me rends compte que j'étais passé à côté de la version la plus aboutie de la seconde génération. Enfin peu importe, le mal est réparé une dizaine d'année après. Mais le fond est toujours le même : un jeune garçon, ou une jeune fille, part à la découverte de sa région (en l'occurence Jôto) pour y capturer des pokémon et les entraîner au combat afin de devenir un maître. Si l'on peut rester sur sa faim durant l'aventure principale, le jeu, dans son ensemble, bénéficie de toutes les innovations apportées par les troisième et quatrième générations : les monstres, les attaques, les objets, bref, tout le moteur de jeu est tel qu'il a été laissé dans Diamant, Perle et Platine. Une différence, toutefois, dans le moteur de combat, puisqu'on assiste au retour de celui des trois premières générations, qui propose donc de changer de pokémon une fois qu'un monstre de l'équipe adverse a été vaincu.

Il y a quelques ajouts intéressants, cela dit. Maintenant, notre personnage est suivi par le premier pokémon de son équipe. Cela permet d'évaluer rapidement son bonheur aux côtés du dresseur (utile pour certaines évolutions). J'avais peur que ce soit un peu superflu, voire gênant, mais la bestiole n'est pas encombrante, et permet de savoir rapidement qui apparaîtra en combat.
Ces versions ont décidé de mettre l'accent sur la présence des pokémon avec le dresseur. J'en veux pour preuve le petit objet livré avec le jeu : le Pokéwalker. Ce petit appareil, qui communique par infrarouges avec la cartouche, permet de garder un de ses pokémon dans sa poche. Un compteur de pas permet de cumuler des watts permettant de débloquer de nouveaux lieux dans le Pokéwalker. Dans ces lieux, on peut obtenir de nouvelles récompenses dans les mini-jeux, qui sont au nombre de deux :

  • le premier, qui coûte 10 watts, consiste à trouver un pokémon dans les hautes herbes et à l'affronter dans une simple lutte où il faut arriver à faire baisser la barre de vie du monstre pour le capturer. Une fois ceci réussi, le pokémon peut être envoyé dans la cartouche, complétant ains le Pokédex ;

  • dans le second, qui coûte 3 watts, le joueur bénéficie de deux essais pour trouver dans quelle boîte l'objet est caché. Les textes permettent de savoir si on « brûle ». Cet objet peut lui-aussi être envoyé dans le sac du dresseur.

Le Pokéwalker est donc plus qu'un gadget, puisqu'il est complémentaire du jeu. De plus, le fait de marcher donne de l'expérience au pokémon, ce qui permet de le faire monter de niveau tout en allant à l'université.

À la place des concours de mode, présents depuis la troisième génération, on peut trouver le Pokéthlon. Il s'agit d'un centre de mini-jeux vraiment amusants, comme une course, un foot, une capture de drapeaux, etc. Ceux-ci permettent de gagner des objets.

Il y a bien sûr un mode multijoueur réunissant toutes les activités de la version Platine, ainsi que le Pokéthlon.

…du très neuf, techniquement !

Graphiquement, c'est un véritable délice. Ma principale crainte était que l'édition DS de ma version favorite prenne un côté « carton pâte ». Le moteur graphique reste inchangé dans sa conception : sur le terrain extérieur, c'est toujours de la 2,5D, mais avec une telle finition que l'on ne se rend plus compte qu'il s'agit de modèles simples sur lesquels on a apposé des textures, tant ces dernières arrivent à donner l'illusion qu'on est encore dans une simple et belle 2D. J'ai vraiment été époustouflé par la beauté de certains décors, qui pour la plupart étaient tellement fins que l'on pouvait même ressentir un très léger ralentissement en marchant ! C'est très appréciable, car cela fait de cette version la plus aboutie du point de vue du rendu de l'identité visuelle de chaque lieu exploré, ce que la version Diamant n'avait pas complètement réussi à faire. On remarquera au passage que les hautes herbes ressemblent vraiment à des hautes herbes, et non à des espèces de buissons ingrats, comme c'était le cas depuis les versions Game Boy Advance.
Le terrain intérieur (maisons) est toujours en 2D, mais tout aussi réussi que les textures extérieures.
Les combats, quant à eux, restent inchangés : mis à part un meilleur rendu des menus, ce sont les mêmes animations que dans Diamant et Perle. Cependant, on peut remarquer que l'animation des pokémon qui arrivent sur le ring est bien plus fluide, et que certains dresseurs... ont des animations tout court. De plus, certains effets barbants comme la tempête de sable ou la pluie ont été raccourcis, si bien que je ne les ai pas désactivés, cette fois-ci.

J'ai toutefois un bémol a souligner : sur les versions Or et Argent, j'étais assez fan du design du rival. Sur ces remake, j'ai été déçu par son nouveau look de tapette métrosexuelle, qui le fait plus passer pour une petite mauviette capricieuse que pour une racaille de grand chemin… Grrr, j'ai envie de lui foutre des claques, à ce morveux !

Musicalement, Masuda Jun'ichi, toujours aux commandes, a réussi à rendre les musiques Game Boy plus attachantes. Étant amateur de la bande son, j'ai été grandement satisfait par les arrangements, qui parfois apportaient une dimension supplémentaire à des musiques déjà sympathiques. J'ai été cependant un peu mitigé sur les musiques de combats, qui n'étaient pas tout à fait comme je l'espérais. On peut remarquer que Masuda a un tic sur cette bande son : il fait toujours une pause de quatre mesures, voire plus, entre l'intro et le début de la mélodie, ce qui n'est pas toujours une réussite.

Mais jusqu'à présent, il n'y a pas d'amélioration technique fulgurante, alors pourquoi suis-je emballé à ce point, si ce n'est par nostalgie ? Tout simplement parce que s'il y a un apport qui peut placer Pokémon Coeur d'Or HeartGold au dessus de toutes les versions sorties jusqu'ici, c'est le maniement ! Rappelez-vous de ce que j'en disais sur mon test de la version Diamant... hé bien oubliez : les menus hors-combats ont été complètement refaits, et pour le meilleur. Désormais, l'écran tactile ne sert plus à afficher des informations dispensables telles que l'heure ou l'équipe : il héberge un menu complètement tactile ! Finie la prise de tête avec les boutons, tout se gère au stylet : l'équipe, l'utilisation des objets, leur classement, le Pokédex, la sauvegarde, etc. Tout se fait de manière intuitive et confortable ! C'est comme s'ils avaient décidé de faire de la version Coeur d'Or HeartGold ce qu'ils auraient dû faire pour Diamant : un vrai jeu pour la DS. Il y a même un petit bouton A tactile au cas où on aurait la flemme de ranger le stylet pour poser son pouce sur les boutons. En outre, il est possible de mettre deux objets en raccourci, contre un seulement auparavant, ce qui constitue un véritable progrès.
Ce nouveau menu tactile est tel que j'ai vraiment du mal à revenir à celui de Diamant…
Par ailleurs, si dans les versions précédentes, il fallait garder le doigt sur le bouton B pour courir, un petit interrupteur a été ajouté pour que l'on puisse courir en permanence. C'est la première fois que je me sens moins fatigué de courir dans un jeu !

Conclusion

J'ai vraiment éprouvé, et j'éprouve encore, du plaisir à jouer à Pokémon Coeur d'Or HeartGold qui, malgré le fait qu'il n'est pas tout à fait nouveau, peut être considéré comme la meilleure version jamais sortie, tout simplement parce qu'il réunit la légende des versions Or, Argent et Cristal avec tout ce qui a été imaginé par la suite dans la série. Alors qu'à l'époque de la troisième génération, j'avais été déçu que les versions Verte et Rouge aient été préférées aux versions Or et Argent pour un remake sur Game Boy Advance, je me dis que ça vallait vraiment le coup d'attendre de pouvoir lire le japonais que la DS soit exploitée à son maximum !

Pokémon versions Coeur d'Or HeartGold et Âme d'Argent SoulSilver sortiront au printemps 2010 en France, et gageons que certains vieux fous comme moi se jetteront dessus pour les redécouvrir !