Pokémon Diamant : Pikachu is not dead!
Par Ejis le mardi, 8 septembre 2009, 18:55 - Je vis des hauts - Lien permanent
Si je dois retenir quelque chose de ma jeunesse, outre les joyeuses brimades dont j'étais occasionnellement la victime et deux-trois envie de tuer mes bourreaux « à cause des jeux vidéo », c'est bien Pokémon ! Il y a tant de choses à dire sur ce nom, qui sent pourtant toujours autant la pâte à modeler ! L'ampleur du phénomène fut spectaculaire, et être passé à côté pour les gens de mon âge, c'est avoir vécu enfermé dans un bunker dans l'angoisse de la guerre nucléaire.
Et il est de ces coups de bâtons auxquels on revient de temps en temps, comme pour ne pas laisser s'échapper cette mémoire de jeunesse, afin qu'elle reste en nous et continue de faire ce que nous sommes. Bref, j'ai acheté Pokémon Diamant en même temps que ma DSi, et j'vous emmerde tous§
Naissance d'un mythe
Certains comme moi s'en rappellent avec une certaine pokémotion, tandis que d'autres l'ont toujours vu comme un pokétron. Mais une chose est sûre, Nintendo et Game Freak s'en sont mis plein les pockets !
Pourtant, entre Tajiri Satoshi, jeune collectionneur d'insectes, qui rêvait d'une bestiole traversant un câble Link, et l'immense succès que l'on connaît, il n'y avait qu'un pas déterminant : faire accepter le projet. Sony refusa, et ils doivent encore s'en mordre les doigts (bien fait pour leurs gueules). C'est Nintendo qui eut l'insigne honneur de raffler le pactole, en sortant les jeux Pocket Monsters (『ポケット.モンスター』) sur Game Boy en 1996.
Quoiqu'on puisse penser, le principe, pourtant simple, reste encore efficace. Le joueur incarne un jeune garçon qui doit explorer un monde similaire au nôtre, mais qui a une particularité : à la place de nos traditionnels animaux, vivent des monstres de différentes espèces, pouvant être capturés et enfermés à l'intérieur de petites balles et élevés par les humains, d'où le concept des « Pocket Monsters », ou « les monstres de poche ». À ce propos, on peut encore s'interroger sur la façon dont certaines bestioles à l'allure imposante pouvaient tenir dans ces balles, mais bon, c'est comme se demander comment on fait les bébés grâce à une certaine autre forme de bestioles, mais c'est un autre sujet. Bref, eauzef, à son âge, le garçon possède des monstres dans ses baballes.
Notre héros a deux buts dans la vie : outre devenir un expert de l'orthographe, ce qui n'est pas souvent le cas de certains joueurs francophones, il est envoyé par un savant afin de remplir le Pokédex, une base de données sur toutes les espèces existantes. Et avec 150 monstres à attraper, c'est qu'il en a, du boulot ! Chaque espèce vit soit dans les hautes herbes, soit dans des grottes, et dans des zones différentes. La plupart sont uniques, et il ne faut surtout pas les rater quand on les rencontre. Le second but de notre héros est de devenir le meilleur dresseur et de se constituer une équipe qu'il devra entraîner en affrontant d'autres monstres, rencontrés au hasard de ses escapades dans les hautes herbes ou en étant défié par d'autres dresseurs présents sur les routes.
Mais la tâche n'est pas aisée, puisque Nintendo a eu l'idée de décliner Pocket Monsters en deux versions : Verte et Rouge. Chacune d'entre elles contient des espèces que l'autre n'a pas. Il faut donc faire des échanges avec une personne détenant la version opposée !
Comme les japonais aiment bien racourcir les mots, dans le jeu, « ポケット.モンスター » est abrégé « ポケモン », qui se lit... *suspense*... « Pokémon » ! Et c'est donc le nom qui sera adopté à l'exportation du jeu vidéo à succès. Personnellement, je trouve que ce nom a mal vieilli. Mais j'imagine la difficulté des traducteurs à ce moment-là, car si « Pocket Monsters » aurait très bien convenu à la jaquette, leur évocation dans le jeu aurait peut-être fini par essouffler les joueurs, d'où l'adoption de l'abréviation. En outre, j'ai toujours préféré la graphie du titre japonais.
Pokémon est grossièrement un RPG. Les combats se déroulent au tour par tour, avec sélection des actions à effectuer pour battre l'adversaire. Il subsiste cependant des différences.
Dans un RPG classique, les personnages sont peu nombreux, et au mieux interchangeables entre eux. On dispose donc de la même équipe du début à la fin. Ici, l'équipe est modifiable à volonté, et découle des choix tactiques et des préférences du joueur. La particularité des pokémon (notons que c'est un mot invariable) est qu'ils ont chacun leurs caractéristiques propres. La plus évidente d'entre elles est qu'ils ont chacun une affiliation à un élément naturel, le « type ». Une joute est une sorte de Pierre-papier-ciseaux. Par exemple, l'Eau bat le Feu, qui bat la Plante, qui bat l'Eau. L'Eau est aussi battue par l'Électricité, qui est battue par la Terre, qui est battue par le Vent, etc. Le tout est de se former une équipe réunissant le plus de types possible afin d'être polyvalante.
L'entraînement d'un pokémon suit la voie classique des niveaux, le niveau maximum étant le centième. À certains niveaux, le pokémon apprend une nouvelle attaque, souvent en rapport avec le(s) type(s) au(x)quel(s) il appartient, et dont la puissance peut être supérieure à celle des attaques déjà apprises. La grande différence est qu'une bestiole ne peut en connaître que quatre, tandis que votre mage blanc dans Final Fantasy retiendra toutes les capacités qu'il acquièrera. Il faut donc remplacer une ancienne attaque par la nouvelle si le maximum est dépassé. Ce choix a de quoi surprendre, mais je crois que c'est ce qui permet de faire l'unicité d'une équipe. Outre les capacités apprises naturellement, il est possible d'en enseigner d'autres grâce aux Capsules Techniques (CT). En plus de l'acquisition d'une attaque, un certain niveau peut provoquer une « évolution ». Il s'agit d'une métamorphose, sorte de passage de l'enfance à l'âge adulte, menant à un renforcement des statistiques, voire à l'acquisition d'un nouveau type.
Le but du jeu est d'avoir le style le plus personnel possible, car si un RPG se conçoit souvent dans la perspective d'un joueur unique, Pokémon est avant tout un jeu orienté multijoueur. Une fois son équipe mise en place, il est possible d'affronter un autre joueur, et c'est là que la personnalité est primordiale, car elle rend chaque combat unique !
Et que serait Pokémon sans les noms de chaque espèce ? Moi qui suis assez friand des calembours, je ne pouvais qu'être bien servi ! Par exemple, « Dracaufeu » est un pokémon de type feu, avec une apparence de dragon, « Racaillou » est un caillou qui vous agresse aux alentours d'une grotte, etc. Cela peut paraître puéril en soi, mais je crois que c'est ce qui amène une dimension de dérision au concept, gardant ce côté bon enfant qui habite de nombreux jeux Nintendo (pensez à ces plombiers qui sauvent une princesse en mangeant des champignons qui font grandir !).
La force de Pokémon est donc dans son concept de partage et sa faculté à ne pas se prendre trop au sérieux. Et surtout, même si le jeu est terminé, il reste toujours quelque chose à faire dans un esprit de compétition entre amis.
Mes pokémon, ma faiblesse
Le concept a eu
tellement de succès que l'inévitable marketing s'en est
immédiatement emparé, avec la série télévisée, entre autres. La
première fois que j'ai entendu parler des monstres, c'était grâce
à la publicité des versions Rouge et Bleue, la version verte étant
une spécificité japonaise. J'ai ensuite approfondi en lisant un des
magazines auxquels j'étais abonné, et j'ai été séduit. Puis vint
la série télé, que j'ai suivie comme un crétin pendant très
longtemps ! En soi, elle n'apportait pas beaucoup, puisqu'elle
reprenait tout le concept du jeu sous forme de dessin animé, en
suivant la même ligne que le jeu. C'était une sorte de soluce,
puisque les pokémon rencontrés au cours des épisodes étaient
effectivement les mêmes dans le jeu, ce qui ne faisait que me donner
envie d'y jouer moi-même !
J'ai donc eu la version Bleue le
Noël qui a suivi, et j'ai vraiment accroché !
J'ai été bien sûr victime de l'odieuse collection de cartes, et faisais des échanges dans la cour de récré comme un p'tit con. C'est bien à partir de cette période que Pokémon a connu ses heures de gloire, mais aussi sa plus grande ruine. J'estime aujourd'hui que la démesure du succès de la franchise a nui à la perception du jeu lui-même par le grand public, et surtout les adultes. D'abord, bien que cela ne me posait pas de problème au début, le simple fait que les monstres se contentent de parler en disant leur nom était d'une absolue débilité ! Le « pika-pikachuuuu » de Pikachu a donné une image grossière de jeu pour gamins à Pokémon, mais comme les enfants sont les premiers visés... Cela a bien sûr donné naissance à des polémiques crétines. De mémoire, je n'ai quasiment jamais vu une émission télévisée traîter le sujet sérieusement, à part un intéressant documentaire diffusé un soir sur France 2, où l'on pouvait d'ailleurs voir quelques images de ce qui se tramait au Japon.
Hé oui, Nintendo nous préparait de nouvelles versions, avec un nouveau héros, une nouvelle région, et surtout de nouveaux Pokémon. Mais entretemps était sortie la version Jaune, qui était un mélange des versions Rouge et Bleue, plus fidèle à la série, avec des dessins retravaillés. Même si le fait d'avoir Pikachu comme premier pokémon pouvait s'avérer sympa pour les fans, c'était juste s'assurer de commencer le jeu en mode difficile, puisque le premier champion à battre utilise le type Sol/Roche... De plus, son cri enregistré était dégueulasse, Game Boy oblige. Le reste était la même chose avec quelques ajouts comme les méchants de la série, et des mini-jeux, qui étaient vraiment très bons !
Pour débloquer ces derniers, il fallait posséder le jeu Pokémon Stadium sur Nintendo 64 afin d'obtenir un Pikachu avec l'attaque Surf. Ce jeu permettait de faire s'affronter nos équipes en 3D. Il y avait un mode solo où l'on affrontait tous les champions des versions Game Boy. Ce n'était pas vraiment une aventure, mais un simple jeu de combat. On peut donc considérer ce jeu comme une extension... une très bonne extension !
Comme toutes les grandes modes, Pokémon s'est essoufflé relativement vite, et les proportions étaient devenues assez raisonable pour que les joueurs français vraiment conquis puissent savourer les versions Or et Argent, aussi sorties sur Game Boy, mais en couleurs sur les consoles Game Boy Color. Je crois que cette génération de Pokémon constitue un de mes meilleurs souvenirs vidéoludiques. Elle reprenait tous les ingrédients de la première génération, en mieux, et avec des nouveautés qui firent toute la différence. La plus grandiose fut l'ajout de l'heure, et du jour et de la nuit. Certains polémon pouvaient donc être rencontrés seulement à certains moments de la journée. Des événements quotidiens venaient compléter l'interactivité du jeu. Bien sûr, il y avait de nouveaux pokémon, qui pour la plupart sont encore cultes, car ils étaient un apport incontestable au jeu. Et surtout, je suis reconnaissant aux développeurs de ne pas avoir fait un jeu « autiste » ! En plus de Johto, on pouvait visiter la région de Kanto (la première), quelques années après. Le plaisir de la découverte et de la redécouverte était là. On pouvait même transférer ses pokémon de Rouge et Bleue vers Or et Argent. Pokémon était devenu immense, et toutes les recettes étaient imaginables. Et je suis content que l'effet de mode se soit dissipé à ce moment, car les joueurs pouvaient s'amuser en paix. Mais bon, même si j'ai longtemps été accro, j'ai fini par me désintéresser aussi avec l'âge. La version Cristal, qui est à la seconde génération ce que Jaune est à la première, était sorti, mais je ne m'en préoccupais plus.
Ce fut aussi le cas pour Pokémon Stadium 2, qui était pourtant excellent.
J'étais cependant toujours amateur de jeux vidéo, et possédais la nouvelle version de la Game Boy : la Game Boy Advance. J'ai d'abord eu le premier modèle, que j'ai troqué contre une GBA SP quand cette dernière est sortie. C'est peu après que les versions Rubis et Saphir sont sorties, et la seconde fut mienne dès le jour de sa sortie. C'est pour moi la génération la moins bonne. C'était pourtant un très bon jeu : Hoenn, la nouvelle région, était intéressante du point de vue de son découpage terre-mer et de la visite des fonds marins, le nouveau maniement des boîtes de stockage était formidable, et les ajouts tactiques étaient bienvenus, notamment les combats à deux contre deux qui donnèrent un aspect plus « RPG classique » au jeu. Mais malgré les qualités du jeu, je me suis ennuyé. D'abord, le design global des pokémon ne me plaisait pas. La plupart d'entre eux n'avait plus ce côté animal qu'avaient les premiers. De plus, si la région était différente, le schéma de l'aventure était exactement le même, et les maigres intrigues ne m'ont pas tenu en haleine très longtemps. Mais le pire du pire venait bien du retrait inexpliqué du jour et de la nuit ! On pouvait bien régler l'heure au début du jeu, mais c'est comme si cela ne servait à rien. Quelle régression ! Je ne lui pardonne pas non-plus son « autisme ». Globalement, ce jeu me laissait l'impression qu'il avait oublié quels jeux l'avaient précédé, et peu d'allusion y étaient faites. Pourtant, les pokémon des anciennes versions figuraient bien dans la base de données, mais ils n'étaient pas tous disponibles. Je lui ai redonné sa chance quelques mois plus tard, mais non, je n'ai pas beaucoup aimé ces versions.
Le nostalg33k a eu de quoi se rasasier avec les versions Rouge Feu et Vert Feuille, qui étaient des rééditions de Rouge et Verte. Là encore, que du jour, et même pas d'heure, mais revenir en terrain connu une génération de consoles après était rafraîchissant. Au début, l'impression de déjà-vu me lassait un peu, et je pense que les développeurs ont voulu jouer sur cet effet, puisqu'après avoir fini la partie connue, on avait accès à de nouvelles îles sur lesquelles se trouvaient la majorité des pokémon d'Or et Argent. Je dois dire que j'ai pris mon pied à ce moment du jeu ! Et surtout, un objet permettait d'affronter à nouveau les dresseurs, mais en plus forts. Pour couronner le tout, on pouvait faire des échanges avec Rubis et Saphir, ce qui leur donnait un aspect plus ouvert.
Sur Game Cube, une extension 3D est sortie : Pokémon Colosseum. À la différence de Stadium, le mode solo comportait cette fois une aventure inédite, avec un scénario. C'était certes écrit sur un timbre-poste (le boss final était une blague !), mais appréciable. Cependant, je trouve que les pokémon rendent mal en 3D classique,
Après toute cette rétrospective, attaquons le vif du sujet : le test de Pokémon Diamant et Perle !
Génération DS : du progrès
J'ai bien conscience que de nombreux tests sont disponibles sur Internet, mais je tiens tout de même à donner mon avis de vieux fan. Je voudrais par ailleurs faire cette critique en réponse à certains tests que je trouve soit beaucoup trop enthousiastes, sur Puissance Pokémon, par exemple, ou réalisés sur des bases à mon avis trop sommaires, comme celui réalisé par un ami sur Génération NT (si tu me lis…).
Comme vous avez pu le lire récemment sur ce blog, je suis très amateur de la Nintendo DS, et de ce qu'elle apporte à l'interaction avec les jeux. Je ne pouvais que mettre beaucoup d'espoir en une nouvelle génération de Pokémon sur cette console. Après plus d'une centaine d'heures passées sur le fraîchement acheté Pokémon Diamant, j'en ressors avec une semi-satisfaction, que j'en vais expliquer dans les lignes qui suivent.
Commençons
tout d'abord par une vue d'ensemble de l'univers qui s'offre à
nous.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le concept que je
vous ai décrit au début de cet article n'a toujours pas changé !
Un jeune garçon est envoyé par un savant, le Professeur Sorbier, à
la découverte des Pokémon peuplant la nouvelle région de Sinnoh,
et veut toujours devenir le meilleur dresseur. Comme d'habitude, il devra faire
face à huit champions pour avoir huit badges pour battre les 5
dresseurs de la Ligue Pokémon. À l'occasion, il devra mettre un
terme aux plans d'une organisation criminelle aux plans mystérieux.
Pour
être franc, j'ai à peine porté attention à toute la phase
d'exploration de la région. J'ai eu l'impression de refaire toutes
les anciennes versions d'un coup, et je n'avais qu'une envie :
voir ce qu'il y avait après. Et pour le coup, ce fut bien plus
amusant que Rouge Feu et Vert Feuille. Durant l'aventure, j'ai eu la
même impression d'« autisme » qu'avec Rubis et Saphir,
mais c'était pour être mieux surpris, puisqu'après avoir
simplement vu les 150 pokémon peuplant Sinnoh (ce qui est plutôt
facile si l'on affronte tous les dresseurs), c'est une toute nouvelle
perspective qui s'offre au joueur, qui peut explorer une nouvelle
île, peuplée d'un vaste échantillon des pokémon des trois
générations précédentes, mais aussi de nouveaux monstres
supplémentaires. En outre, une zone est débloquée afin d'importer
les pokémon des versions Game Boy Advance, dont la plupart bénéficie
d'évolutions supplémentaires.
Pour parler rapidement des
nouveaux pokémon, ils sont moins irritants que ceux de Rubis et
Saphir, mais je préfère toujours ceux des deux premières générations.
Cela ne m'empêche pas d'en avoir pris quelques uns dans mon
équipe.
Pour résumer, le jeu semble désespérément classique
et fermé au départ, puis s'avère quasiment infini une fois les
premiers objectifs atteints !
Et
les nouveautés contenues dans ces versions Diamant et Perle ne
contredisent pas cette agréable sensation d'illimité. La première,
qui a ravi plus d'un fan, fut le retour du jour et de la nuit, calés
sur l'horloge de la console. La magie d'Or et Argent est de nouveau
présente, puisque des événements quotidiens viennent jalonner le
jeu, donnant toujours au joueur quelque chose à faire en allumant sa
console.
Passé ce retour aux grandeurs de la seconde génération,
le joueur est surtout émerveillé par la dimension multijoueur, qui
se voit décuplée par le Wifi. Il est à présent possible
d'échanger des pokémon dans le monde entier. En faisant une simple
recherche parmi les pokémon que l'on a déjà vus dans le jeu, on
peut échanger l'objet de sa convoitise contre le pokémon demandé
par le propriétaire. Cependant, je suis assez effaré de voir des
demandes parfois insensées. Par exemple, on peut trouver des gens
qui veulent échanger une bestiole commune contre un pokémon
rarissime, voire introuvable normalement.
Bien sûr, on retrouve
les combats joueurs contre joueurs, en sans fil ou en Wifi. Cela dit,
Nintendo a fait le choix de ne pas faire s'affronter des joueurs au
hasard, et a préféré utiliser le système du code ami que l'on va
donner à ses amis afin de les affronter à distance. Cela est
compréhensible, car Nintendo a pour politique de ne pas isoler les
joueurs, comme le font les MMORPG. Cependant, le joueur n'est pas
idiot, et peut bien sûr publier son code sur Internet s'il le
désire.
En fait, avec cette quatrième génération, le monde de
Pokémon
se voit décuplé. Le nombre croissant des pokémon peut sembler un
peu artificiel, mais il peut être bénéfique dans la mesure où
l'équipe de chaque joueur aura vraiment un style parfois unique.
Pokémon,
dans ses grandes lettres, sort vraiment grandi avec Diamant et
Perle.
D'un point de vue purement technique, il y a du bon et du moins bon. Après tant d'éloges sur les progrès du concept, il serait lucide de porter un regard sur des aspects plus plastiques.
Graphiquement,
c'est un jeu très honnête.
J'ai dit précédemment que les
pokémon rendaient mal en 3D, et cette nouvelle aventure n'a
heureusement pas encore vraiment fait le pas. Les combats sont
présentés avec la traditionnelle vue du(des) pokémon du joueur
vu(s) de dos et du(des) monstre(s) adverse(s) vu(s) de face. Le décor
des combats a troqué son blanc historique contre des couleurs
évoquant de manière générique l'environnement dans lequel la rixe
a lieu. Certains y verraient de la fainéantise, mais je suis de ceux
qui aiment la 2D pour son côté suggestif. Par contre, même si les
animations sont d'une agréable fluidité, elle restent néanmoins
globalement simplistes, et auraient mérité plus de soin.
Personnellement, je les désactive parce qu'elle ralentissent les
combats à la longue.
Quant à l'aspect du terrain lors des
déplacements, la traditionnelle vue de dessus subsiste, mais avec
l'adoption d'une 2,5D est très appréciable. Notre personnage en 2D
se déplace dans des décors en 3D simple, mais aux textures
efficaces, qui laissent paraître des effets d'éloignements
immersifs, notamment dans les décors montagneux. On sait que la DS
est capable de mieux, mais je crois qu'avec Pokémon,
il ne faut pas chercher à aller plus loin sous peine de tomber dans
des plastiques ingrates dont le jeu n'a pas besoin.
Musicalement,
c'est quelconque.
J'aime beaucoup les musiques de Masuda Jun'ichi
dans les versions Or et Argent, mais depuis Rubis et Saphir, je ne
suis pas vraiment accro. Ce sont surtout les musiques de combats qui
ne me font pas grand chose, avec leurs airs parfois peu inspirés.
C'est un peu plus entraînant dans Diamant et Perle, mais pas génial.
Cela dit, certaines musiques de terrain, pas toutes composées par
Masuda, sont agréables à écouter. Mention spéciale à la musique
de la Route 209, arrangée avec mérite pour Super
Smash Bros. Brawl.
Mais bon, je préfère baisser le volume et mettre France Musique.
Niveau
maniement, c'est inégal.
Attention, je ne vais pas dire que c'est
un mauvais maniement, mais il m'a laissé une impression de
fainéantise.
Les phases de déplacement se font « à
l'ancienne » : la croix directionnelle déplace le
personnage et B lui permet de courir. Le jeu ayant gardé le parti
pris du déplacement par cases, et sur deux axes (ce qui peut se
concevoir, car certaines situations seraient assez compliquées à
rendre autrement), ce n'est pas rédhibitoire.
Mais selon moi, les
menus sont une arnaque. Il n'y a strictement rien à faire au
stylet ! Certaines options sont tactiles, mais
elles se révèlent fastidieuses, et on préfèrera utiliser les bons
vieux boutons. Et si j'aime la DS, c'est justement parce qu'elle peut
nous débarrasser de ce type de menus en proposant des interfaces
intuitives et confortables, ce qui n'est pas le cas de Pokémon
Diamant,
qui semble avoir recyclé le moteur de jeu de
Rubis/Saphir/Émeraude/Rouge Feu/Vert Feuille sans rien y apporter.
Ce fut ma plus grande déception. Même les boîtes de stockage
restent inchangées, alors qu'il y avait tant à y apporter avec la
DS ! Les objets utilisables sur le terrain, comme la bicyclette,
bénéficient toujours d'un bouton raccourci, mais qu'en est-il des
boutons L et R, qui auraient pourtant bien demandé à aussi servir
de boutons de raccourci ?
Par contre, des efforts ont été
clairement réalisés sur l'interface de combat. Cette fois-ci, les
actions se réalisent au stylet. L'écran tactile propose plusieurs
menus composés de boutons sur lesquels il suffit de taper. Et là,
les améliorations que j'attendais étaient bien présentes. Un petit
reproche, toutefois, quant à l'interface de sélection des objets,
qui peut être un poil agaçante puisqu'il faut passer par la
sélection de la catégorie, taper l'objet, voir sa description et
enfin choisir de l'utiliser. Heureusement que le dernier objet
utilisé est gardé en mémoire.
Les mini-jeux, quant à eux, sont
plutôt bien servis. Les concours de beauté ont une interface
similaire à celle des combats. Celui où il faut remuer des baies
dans une marmite est amusant. Mais je crois que ce sont les seuls qui
me reviendront spontanément à l'esprit.
La maniabilité est donc
acceptable dans le cadre d'un jeu classique, mais elle semble oublier
qu'elle est sur DS, et se présente comme une impardonnable
régression.
En
conclusion, la quatrième génération de Pokémon
est un très bon cru dans l'histoire de la série. Tout ce qui fait
sa grandeur se voit amélioré et élargit encore l'éventail des
possibilités offertes par ce jeu. Mais elle a manifestement préféré
se concentrer sur l'amélioration du concept plutôt que de tenir
compte des évolutions de maniabilité apportées par la DS, ce qui
lui retire ce confort qu'elle aurait pourtant bien mérité.
Conclusion
Je suis toujours enthousiasmé par Pokémon, qui garde manifestement ses lettres de noblesse avec les versions Diamant, Perle et récemment Platine, qui est du même acabit que la version Jaune.
Le
12 septembre prochain, deux versions plus ou moins nouvelles
sortiront sur DS au Japon : il s'agit de Coeur d'Or et Âme
d'Argent HeartGold et SoulSilver. Je vous laisse deviner de quelles versions elles sont les
rééditions. Inutile de vous dire que je les attends avec
impatience, et que je les ai pré-commandées. Vous savez donc que
mon prochain test sera celui de Pokémon
Coeur d'Or HeartGold,
qui semble enfin régler les problèmes évoqués dans mon test !
