I IZ BACK ON TEH INTERNETZ
Par Ejis le mercredi, 15 juillet 2009, 10:47 - G33k autiste associal - Lien permanent

Prenez garde, pauvres mortels, car Jijis est de retour (« pour vous jouer un mauvais tour§ ») ! Mais à dire vrai, je n'ai jamais été vraiment absent, comme le témoignent les articles rédigés pour aborder la progression et la sortie de mon dernier album, Hessine au pays des Choursons. Je dois avouer que ce semestre, je ne disposais pas du temps et de la volonté suffisants pour écrire d'autres types d'articles, car mes principales préoccupations se situaient ailleurs, notamment sur l'avancée du projet Ephrem (dont je reparlerai bientôt) et ce que je pouvais apprendre en japonais (genre avec un pseudo-manuel provisoire de kanjis).
Mais mes véritables passions auront été concentrées sur un projet dont tout le monde a au moins entendu parler. Par déduction, ce n'est donc pas un de mes projets, mais un projet de notre Ministère de la Culture et de la Communication : le projet de loi « Création et Internet ». Ceci aura été pour moi une abondante source de réflexion, et m'aura permis de regagner de l'intérêt pour la Politique.
Internet et la Politique
Personnellement, j'ai longtemps vu Internet comme une alternative solide pour échapper à la télévision et à ses programmes souvent décérébrants (sauf si l'on va sur les chaînes culturelles). Et de ce fait, cela me permettait d'échapper à l'information, dont je n'étais au courant que par périodes. Je m'étais donc aussi désintéressé de la Politique et de notre gouvernement au réformisme hyperactif, qui s'attaquait petit à petit à chaque couche de notre population, jusqu'à enfin arriver à celle des g33ks, et des internautes en général ! Et là, c'est le drame, car certains d'entre eux, qui étaient endormis sur la Toile, ont commencé à se réveiller, et à s'intéresser au fonctionnement de nos institutions.
Internet n'était alors plus un moyen pour moi d'échapper à la politique, mais de m'en informer, la surveiller et d'en cerner les vices.
Il était une fois, un ministère
Mais que voulait-on donc aux internautes ? Il s'avère, figurez-vous, qu'une certaine industrie mène une lutte fière et acharnée contre l'odieux piratage. Car sachez, bande de vilains pirates, qu'à chaque fois que vous téléchargez, vous tuez un artiste, et que Winnie l'Ourson viole une loli'. La menace se répète, tout comme à l'époque des cassettes audio et vidéo, qui vous le savez tous a provoqué la faillite d'Univers-sale, de Dix-niais, et de je ne sais quelle autre Fnak. Tout cela s'est passé en 1980, et les pirates victorieux ont décidé que la cassette était devenue has been. Ils ont alors découvert Internet et ont inventé le Peer-to-Peer, abrégé P2P, pour s'échanger des films et des MP3 illégalement.
L'Ennemi de la Culture a donc été trouvé : Internet !
C'est ainsi que la loi dite « Création et Internet » a été lancée, suite à des acords entre l'Élysée et des industriels, dont chacun sait qu'ils sont les détenteurs du savoir-faire culturel, notamment les fournisseurs d'accès comme Free. C'est la ministre Christine Albanel qui est en charge de porter la bonne parole.
Le principe de cette loi est de créer une Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet, la HADOPI (un sigle en carton-pâte, tout de suite moins pompeux), disposant d'un pouvoir exécutif plus puissant que celui conféré habituellement à l'autorité judiciaire. Une police détenue par les ayant droits aurait la possibilité de surveiller l'activité sur les réseaux P2P, de collecter des adresses IP, de les communiquer à la HADOPI, composée de magistrats, qui pourrait alors décider de suspendre l'accès Internet de la personne identifiée grâce à son adresse IP. Cependant, la loi ayant une visée « pédagogique », maman Christine Albanel a prévu le coup et a préféré d'abord mettre en garde les vilains pirates en leur envoyant d'abord un E-mail et une lettre recommandée d'avertissement. S'agissant d'une suspension, le titulaire de l'accès Internet devrait continuer à payer son accès, afin d'aider la Création, et non de simplement continuer de remplir les poches du fournisseur d'accès. Mais il y a un problème : tout comme les oeuvres, une connexion avec la Wii-fi, dixit maman Christine, ça peut aussi se pirater. Il faut donc installer sur son ordinateur un logiciel dit « de sécurisation », servant à dire aux serveurs de la HADOPI qu'on ne télécharge pas, et que par conséquent quelqu'un d'autre est en train d'utiliser son accès Wii-fi. Un mouchard, en somme...
Une loi extrêmement bien faite, donc. Mais pourtant, la vermine communiste grouille encore et toujours, et « cinq gus dans un garage » ont décidé de maintenir la jungle anarco-chaotique sur Internet !
La méchante Quadrature du Net
Quand
je disais qu'Internet pouvait servir à échapper à la Politique,
j'ai omis le fait que d'autres ne l'utilisent pas pour s'en
désintéresser.
En 2006, alors que le projet de loi DADvSI était à la mode, un groupe de personnes a préféré s'abstenir d'être docile, ce que tout bon citoyen devrait pourtant être, surtout à notre époque où Téhèf1 consacre l'intégralité de son temps d'information à des sujets capitaux comme le décès de Mickaël Jaques-sonne. Ces personnes attachent une grande importance à la neutralité des réseaux, et ont fondé un collectif dans le but de militer contre la mainmise de l'État sur Internet : la Quadrature du Net.
Concernant la loi « Création et Internet », leur action consista à inciter les citoyens à envoyer des E-mails à leurs députés pour leur expliquer les failles et les dangers de cette loi, et de les dissuader de voter pour le texte à l'Assemblée Nationale.
C'est ainsi que maman Christine les a qualifiés de « cinq gus dans un garage », envoyant des mails à la chaîne. La vermine libertaire est une grosse machine à spam !
Il faut protéger la Culture, anéfé !

Ce projet de loi a été l'occasion pour moi de réfléchir sur divers sujets. Le premier a été celui de savoir ce que cette loi visait à protéger.
Et d'emblée, un mot m'a gêné : « Culture ». Cette loi ayant été rédigée par des industriels, de quel droit peuvent-ils s'auto-proclamer « industrie culturelle », et ainsi établir la valeur de leur marchandise avant même qu'elle n'ait été estimée par le public ? Je trouve sacrément gonflé d'oser mélanger deux termes tels qu'« industrie », qui induit quelque chose de systématique, et « Culture ». Pour moi, la Culture a pu être qualifiée ainsi parce qu'elle a survécu aux siècles, et qu'elle permet de graver pour longtemps les leçons que l'Histoire nous a apprises. Certains illustres auteurs tels que les Lumières visaient-ils à s'appeler « rédacteurs culturels » en leur temps ? J'ai tendance à penser que la véritable Culture ne peut pas être calculée. Comment peut-on alors la défendre, finalement ? D'ailleurs, demande-t-elle vraiment à être défendue ? Après tout, si l'instruction a été rendue gratuite et obligatoire, c'est bien parce que sa valeur découle de sa diffusion, et non de statistiques de ventes.
Je préfèrerai donc parler d'« industrie du divertissement », qui peut légitimement demander de quoi vivre, étant donné que c'est son métier. Le divertissement ne peut devenir Culture que s'il survit à l'âge, et si l'on fait l'état des lieux des vingt dernières années, très peu des produits résonnent encore dans nos cerveaux ramollis.
Mais ce divertissement est-il vraiment en faillite, et l'est-il vraiment à cause du partage des oeuvres sur Internet ? Il faut remonter aux années 80, alors que les cassettes audio et vidéo se démocratisaient. C'est à cette époque qu'un odieux mot de propagande a été inventé : « piratage ». Le ministre de la Culture de l'époque se disait d'ailleurs déterminé à lutter contre cette immonde pratique. Mais pourtant, ces même industries qui craignaient pour leur peau à cause de l'enregistrement sur cassettes de leurs CD sont toujours debout, plus fortes que jamais ! Si sur Internet, un fichier peut être copié à partir d'une seule source à travers le monde, à cette époque, chaque école avait au moins son bambin qui disposait d'un original pouvant être copié par le reste de la cour de récréation. Cela a même duré jusqu'à très récemment, puisque je me faisais des copies des CD de metal qui m'étaient prêtés au lycée, ce qui m'a permis de découvrir Nightwish entre autres. Mais aujourd'hui, à l'ère du numérique, il n'y a plus qu'une cour de récréation. Le principe n'a cependant pas changé pour autant, et les grands diffuseurs sont toujours là malgré la crise.
Par contre, je crois qu'il y a un problème d'ego et de mauvaise foi quant aux ventes médiocres de certains artistes. Imaginons qu'en cette année 2009, Aime-6, chaîne de télévision hautement culturelle, lance une nouvelle saison de son émission découvreuse de talents, nommée Plopstars, et qu'à son issue naisse un groupe qu'on appellerait, au hasard, les Watt For. Cela rappelera sûrement des souvenirs à certains, car ce groupe, artificiellement créé en 2004 a fait un bide monstrueux. À l'époque, Aime-6, tout en se mordant les doigts, a dû se remettre en question et se dire qu'elle avait merdé quelque part. Mais en 2009, la chaîne se serait sûrement dit : « tout ça, c'est la faute aux vilains pirates qui s'échangent les Watt For sur Internet ! Il faut absolument faire une loi contre le piratage ! Il n'y a aucune raison que ce qu'on fait, ça marche pas, non mais oh ! Mrd koi§ » À présent, remplaçons Aime-6 par n'importe quel distributeur vendant n'importe quelle Starr Akadémie saison 42, dont les gens ont forcément fini par se lasser. Et voilà, nous avons ainsi le nouvel ennemi de la création (car cela ne peut pas venir du manque de talent ou d'inspiration, on est chez Téhèf1, non mais !) : Internet et le Peer-to-Peer.
Le problème de ces gros diffuseurs, c'est que leur cible principale, les jeunes, a trouvé un moyen de se divertir de façon compulsive, comme le souhaitent les médias de masse, sans avoir à débourser 20€. Ces diffuseurs ont créé un besoin grandissant de consommer, mais la clientèle, incapable de tout payer (surtout avec l'inflation), a pu compenser goulument grâce à Internet, tout comme elle le faisait à l'époque où l'un d'entre eux avait le CD et le prêtait, créant la même chaîne de copie entre particuliers, hors du cadre des grandes chaînes de distribution.
Mais comme je l'ai dit plus haut, la Culture ne peut disparaître que s'il n'y a plus d'Hommes pour la porter, le divertissement est amené à muter, en harmonie avec la technologie. S'il n'avait pas sous-estimé Internet, il se porterait probablement mieux. Entretemps, des plateformes de musique libre comme Dogmazic ont pu naître et se développer peu à peu. Et j'ai pour conviction personnelle que ce type d'initiative est l'avenir de la diffusion du divertissement, mais on ne le comprendra probablement que dans dix ans.
La mort de la Culture, un prétexte

Si la Culture n'est donc pas forcément menacée, ces polémiques hystérisantes visent sûrement à dissimuler quelque chose de plus malsain. Le premier texte d'HADOPI a subi un rejet à l'Assemblée Nationale, dû non pas à ces farceurs de socialistes cachés derrière des rideaux, comme a voulu le faire croire notre bienfaisante majorité parlementaire, mais à l'ironique minorité de cette dernière ce jour-là. Juste après, alors que la population n'était pas au courant qu'un tel projet de loi était « débattu », les médias pro-HADOPI ont noyé le poisson à coup de débats sur l'utilité de cette loi, plutôt que sur son contenu. Afin de persuader Madame Michu que cette loi est bonne, on fait venir Frédéric Lefevbre sur les plateaux de télévision afin d'arguer qu'Internet est une jungle, et qu'il faut le réguler.
Il est certes incapable de définir ce qu'est le Web 2.0, mais un mot est encore plus choquant : « régulation ». Comme l'a très bien démontré Guillaume Champeau, rédacteur sur l'excellent site Numérama, notre président semble avoir une dent contre Internet.
Il faut comprendre que le Web a une mémoire d'éléphant, et qu'il constitue une source d'archives qui peut s'avérer gênante pour Bling-Bling Premier. Il serait donc indispensable de faire en sorte que le moins de monde possible puisse accéder à ces archives, afin de les rééduquer à des médias plus soumis. À trois ans des élections, des lois s'imposent. Cela peut commencer avec une loi pour protéger les revenus d'amis industriels (HADOPI), passer par des lois de filtrage contre la pédopornographie (LOPPSI), et aboutir à des lois contre la médisance sur le Président de la République Française et sa fine équipe (à venir...). Cela aurait pourtant été plus simple pour sa majesté de se faire aimer de ses sujets...
Notre gouvernement entame une série de lois visant (à dessein ou non) à contrôler et censurer Internet, et on prend les gens par les sentiments, on les monte les uns contre les autres à coup d'incitation à la méfiance (« moi honnête citoyen, je n'ai rien à me reprocher, mais mon voisin peut-être », puis-je me dire, tout comme ledit voisin), puis on leur donne une loi pour les protéger contre eux-même, sans les inciter à réfléchir sur leur contenu, puisque de toute façon, c'est nécessaire ! Mais filtrer les échanges sur Internet n'est pas plus noble que de mettre les lignes téléphoniques sur écoute.
Quand je joue aux rebelles pseudo-révolutionnaires
C'est suite aux réflexions ci-dessus que j'ai été pris de passion pour les débats parlementaires sur le sujet. J'ai donc suivi de très près le feuilleton HADOPI qui se déroulait à l'Assemblée Nationale. Je lisais en même temps les nombreuses dépèches et leurs commentaires sur divers sites d'actualités.
En constatant à quel point nos ministres avaient un comportement autiste face aux argumentaires pourtant si bien construits de l'opposition, et à l'incapacité des députés godillots de la majorité à se poser les bonnes questions, j'ai eu un déclic, et j'ai alors ressenti une grande honte. Je percevais déjà la vulgarité de mes concitoyens comme une humiliation, mais mon gouvernement a achevé de me donner la nausée.
J'ai alors pris part à de nombreuses manifestations, ou j'ai pu voir quelques députés, contre ce projet de loi, mais surtout par extension contre l'envie malsaine et dangereuse qu'ont nos dirigeants de contrôler les réseaux. Je me dis finalement que notre gouvernement semble chercher à se créer sa propre insécurité afin de légiférer contre elle, transformant sa propre peur du peuple en frustration citoyenne, menant elle-même à des envies vengeresses, bouclant ainsi la boucle.
Les remparts constitutionnels déboucheront-ils sur la Résistance ?
Le projet de loi HADOPI a beaucoup de mal à s'installer chez nous. Suite au rejet parlementaire évoqué précédemment, le « président de tous les français » a décidé d'en faire « une affaire personnelle » et d'« aller jusqu'au bout ». Le texte est donc passé une seconde fois à l'Assemblée, avec une ministre plus autiste que jamais, refusant toute modification proposée par l'opposition. Le gouvernement fier de sa majorité incitée à voter en faveur du texte a donc pu voir son projet de loi passer par la case « Conseil Constitutionnel », et se prendre une baffe en bonne et due forme ! Les articles sur la sanction ont été censurés, car une autorité administrative ne peut pas avoir le pouvoir de couper l'accès à Internet, qui devient un droit fondamental. Le volet répressif ayant été rayé, l'HADOPI n'est actuellement plus qu'une newsletter géante coûtant 70000€ par an au contribuable !
J'en profite pour revenir sur cette histoire de « droit fondamental ». Certains politiques comparent Internet à l'électricité, disant que rien n'empêche EDF de la couper si elle n'a pas été payée. Or ce qu'ils ne semble pas comprendre, c'est qu'on paye bien notre accès Internet. L'électricité pourrait bien nous servir à fabriquer des armes dangereuses, mais on ne filtre pas pour autant son utilisation dans les foyers. Internet est un droit fondamental parce qu'on le paye pour avoir le privilège de s'exprimer librement, dans les limites de la décence, bien sûr (diffamation et injure, notamment).
L'humiliation est telle que le texte a été réécrit afin d'impliquer le juge dans la sanction. C'est donc la nouvelle Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, qui est en charge du dossier, accompagnée par Frédéric Mitterrand, nouveau Ministre de la Culture. La troisième saison s'annonce brûlante, puisque le contenu de la désormais « loi de protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur Internet » s'avère être un torchon plus sale que le précédent. Ils comptent assimiler l'adresse IP, très facilement falsifiable, à une preuve irréfutable, justifiant l'ordonnance pénale, menant ainsi à une justice expéditive, et surtout à une saturation de l'autorité judiciaire, alors que les tribunaux voient leurs effectifs diminuer...
Je suis tout de même content que les institutions créées par nos ancêtres ont su contenir les dérives de notre État. Mais pour combien de temps ? Je crois qu'il est temps de favoriser le développement des solutions d'anonymisation, tels que Tor, Freenet ou le VPN. Si l'utilisation de ces outils est minoritaire aujourd'hui, elle pourrait s'amplifier à mesure que le besoin de les utiliser se fait sentir. Ces solutions s'apparentent finalement à une Résistance sur les réseaux, et il vaut mieux les rendre plus puissantes avant que les gouvernements ne se penchent trop sérieusement sur leur cas.
À présent
Le nouveau projet de loi passera à l'Assemblée Nationale le 21 juillet, et je suivrai évidemment les événements, afin de voir à quel point une résistance se justifierait. J'espère cependant que ce ne sera pas le cas, car si de telles aberrations étaient adoptées, le développement de l'anonymisation ferait que les conséquences seraient bien pires que les causes.
Internet est un outil puissant sur lequel la censure pourrait amener à de funestes résultats, et mon cauchemar serait que les récents événements en Iran et « Green Dam », le logiciel de filtrage chinois, soient une réalité française dans un avenir proche...
Je termine ce long article en assurant à mon lectorat que je suis toujours en vie, et que ce blog n'est pas abandonné, loin de là !



Commentaires
Ah ! Content que tu aies enfin le temps d'écrire de nouveaux articles !
Je partage totalement ton avis sur cette loi dangereuse au niveau des libertés individuelles, foncièrement répressive, ... et qui prouve que le lobbying existe aussi en France (malgré ce qu'on nous dit).
Cependant, je souhaiterais souligner quelques points que tu as omis dans ton article.
Tout d'abord, les adresses IP seront collectées, pour la plupart, par des "salariés de droit privé" ; c'est-à-dire, en clair, par les employés de Universal, de Warner Bros et de la FOX, et NON par des cyber-flics.
Ensuite, le Conseil Constitutionnel, bien qu'il nous ait protégé dans une certaine mesure, a mis la bande à Sarko sur la voie de l'HADOPI 2.0 qui va être débattue prochainement. Anéfé, selon lui et au nom du principe d'égalité, il est injuste de punir davantage les pirates qui utilisent le P2P que d'autres technologies. Ainsi, HADOPI "le retour" va espionner le courrier électronique de tous les Français, des fois qu'ils s'échangeraient des bons plans pour tuer un modèle économique d'un autre âge.
Car, enfin, nos chers parlementaires qui - faut-il s'en indigner ? - ne connaissent rien des sujets sur lesquels ils légifèrent, ne s'interrogent pas sur la viabilité du système d'aujourd'hui. Quid du téléchargement légal et de ses DRM qui empêchent l'honnête consommateur d'écouter autre part que sur son PC un titre qu'il paie pourtant 0.99€ ? Quid de la redistribution de l'argent gagné : 90% au major et 10% à l'artiste ? Et les solutions existent pourtant pour rénover le système : par exemple, l'auto-production (qui supprime les intermédiaires qui se gavent) grâce aux dons généreux des méchants pirates fonctionne à merveille (le chanteur Grégoire a percé grâce à lui).
Bref, la "Culture" n'est qu'un prétexte pour mettre au pas l'un des derniers espaces (pour le moment) intaxés où la liberté existe encore.
Salut,
merci de tes précisions. L'article était tellement long que j'ai fait l'impasse sur quelques détails.
Tout d'abord, cependant, la Commission des Affaires Culturelles a annulé le projet de surveillance des courriels.
Je t'approuve quant au comportement des industries du divertissement envers les consommateurs. Alors que les diffuseurs étaient des intermédiaires entre les artistes et le public, ce sont aujourd'hui les artistes qui servent d'intermédiaires entre les maisons de disque et le public. Maintenant, le truc est juste de faire tout le temps la même soupe, mais de mettre des gueules différentes dessus. Dans notre société de l'image, il n'y a pas de Musique, mais seulement des interprètes chargés de faire passer du son, toujours dans une logique esthétique pour le moins discutable, transfigurée périodiquement pour ne pas lasser l'oeil.
Mais je ne m'exprime que dans le cadre du modèle encore en vigueur, et donc massivement adopté. Mon avis est que la vraie nouvelle Culture émergera des modèles naissants, pour peu qu'elle soit suffisemment inventive. Et ce dernier point n'est malheureusement pas encore acquis, selon moi, car dans la pratique, cette musique n'a de différent que son mode de diffusion, ce qui ne la dispense pas d'être de qualité.