
J'en parlais dans mon article
précédent, dans un monde d'entreprises et de rendements, Culture et
partage ne font décidément pas bon ménage pour ceux qui aiment la
musique de façon trop... disons dionysiaque. Et ce n'est
certainement pas le projet de loi HADOPI 2, passé par l'Assemblée Nationale
la semaine dernière, qui ira me donner tort. Ils sont tellement
déterminés à arrêter les vilains pirates qui téléchargent via
des logiciels de Peer-to-Peer (P2P) (qui nous le savons sont pires
que le Bittorrent), qu'on risque de prendre autant, voire plus, en
téléchargeant du Jaunit À l'Idée
qu'en frappant avec amour la personne à qui on a juré à vie de
l'aimer et de la chérir (mais selon nos gouvernants, la pédagogie
doit bien s'accompagner d'un peu de violence). Et je ne sais pas
vous, mais je préfère largement passer par la fouille anale pour
avoir violé et découpé quelque fille passivement racolleuse que pour avoir
téléchargé ledit... hum... artiste. J'en tirerais probablement
plus de fierté quand on me fera ramasser la savonnette sous les
douches.
Mais
le problème, c'est qu'étant donné l'époque et la nouveauté
d'Internet dans le paysage médiatique, il serait probablement plus
avisé d'être prudent, histoire qu'une entreprise n'aille pas
cueillir nos IP afin de se donner le droit de vérifier qu'une de
leurs oeuvres ne se cache pas dans notre disque dur. Dans ce cas, il
serait temps de se rappeler comment nous faisions à l'époque où
nous voulions bénéficier de quelques oeuvres que l'on appréciait
ponctuellement, et ce de façon personnelle et privée : le bon
vieux magnétophone !

Et
voilà, le diffuseur a contrôlé par où son oeuvre passe ! En
ce qui me concerne, j'ai fait ma copie chez moi avec mon magnétophone
numérique, et comme à la bonne vieille époque digitale, ils n'ont
plus qu'à respecter ma vie privée ! Et comme nous savons que
cette pratique a tué des artistes en son temps, chacun dans son
petit coin pourra continuer à « assassiner la Culture » sans avoir
à recevoir un courrier lui disant :
Monsieur,
vous avez fait quelque chose de pas bien qui est condamné. On vous
dira pas quoi, mais surtout recommencez pas !
Nous
n'avons plus qu'à attendre qu'Internet soit assez has
been, et le lobbyiste conservateur
s'acharnera sur autre chose pour se voiler la face sur les raisons de
ses échecs commerciaux et son incapacité à anticiper. En
attendant, ils ouvrent de bien belles perspectives quant à
l'intégrité de notre Justice et à la neutralité des réseaux…